Thématiques des panels

ENVIRONNEMENT ET DÉVELOPPEMENT : LES DONNÉES DU PROBLÈME

Depuis désormais vingt ans, la communauté internationale reconnaît l’importance de la question climatique. Pour que les sociétés humaines et les écosystèmes puissent supporter le changement climatique, deux stratégies complémentaires s’imposent :
• réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter l’ampleur du réchauffement global et de ses conséquences irréversibles à travers la mise en oeuvre des stratégies d’atténuation du changement climatique ;
• se préparer aux changements qui s’imposent (modification des valeurs, modifications des modes de vie, modification des modes de création de valeur économiques) en concevant des stratégies intégrées (technologies, comportements) à toutes les échelles (individuelle, collective) d’adaptation au changement climatique.
Ces stratégies ont un coût ; elles ne doivent pas entraver mais au contraire accroître les capacités de développement économique. Pour cela, elles devraient se concevoir à partir de solutions vertes, inclusives, diversifiés et respectueuses de l’environnement. Comment les dispositifs COP contribuent-ils à résoudre cette équation complexe ? Quels enseignements tirer de la COP21 tenue à Paris et quelles suites attendre à Marrakech lors de la COP22 ?

 

SPÉCIFICITÉS ET DIVERSITÉS AFRICAINES FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

L’Afrique est un continent vulnérable au changement climatique. D’une extrême diversité, le continent recèle des écosystèmes fragiles et des populations menacées. Simultanément, certains États africains initient à pas de géant un cycle de croissance économique soutenue par une vitalité démographique et l’émergence de classes moyennes qui peuvent amplifier les changements. Pour résoudre les problèmes de dégradation  environnementale et d’inégalité tout en maintenant la croissance, il est fortement recommandé aux États africains d’opter pour un processus de croissance verte. Dans son acception internationale, la croissance verte repose sur la création d’emplois, une croissance économique compatible avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre, des gains d’efficience dans l’utilisation des ressources naturelles et la protection des écosystèmes. Sa mise en œuvre ne pourra se faire sans créativité et solidarité : la coopération internationale comme l’ingénierie financière doivent permettre de faire émerger des solutions inclusives diversifiées, adaptées à la diversité des enjeux dans les 54 États africains.

 

QUELLES SOLUTIONS POUR L’AFRIQUE ?

L’adaptation des sociétés aux changements climatiques et la création de sociétés résilientes et inclusives ne va pas de soi et oblige à la créativité et au renouvellement de la pensée comme de la technique. Pour faire évoluer des sociétés humaines qui sont simultanément des systèmes sociaux et des systèmes techniques et culturels, force est d’innover sur le plan technique et d’adapter les comportements en conséquence. A des fins d’efficacité économique, ces changements devraient être pensés à différentes échelles : la collectivité locale et régionale, l’État voire la sous région peuvent présenter des atouts pour la mise en œuvre de solutions efficaces et durables. Si certaines restent à concevoir dans le domaine des transports comme de la production d’énergie, d’autres existent et ont dores et déjà fait preuve de leur efficacité dans une grande diversité de secteurs d’activité.
• Adaptation au niveau local et enjeux de l’inclusivité sociale (transport, fourniture d’énergie, gestion des déchets, habitat…)
• Stratégies nationales d’adaptation (adaptation sectorielle : agriculture & secteur extractif, infrastructures de transport, production d’énergie…)
• Solutions transnationales, sous régionales et continentales (production d’énergie, grandes infrastructures de transport…)